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La hutte de sudation des 4 éléments

Marie-Dominque Linder

 

Les quatre éléments, Terre, Eau, Feu, Air dans le voyage de la hutte de sudation, insufflés par le premier et le cinquième: L’Espace.

LES QUATRE ÉLÉMENTS

Les quatre éléments sont des forces naturelles à l’origine et à l’œuvre du processus de la vie. Ils sont les constituants de toutes choses que ce soient celles de la nature comme celles de notre corps et nos comportements psychiques. Toutes les sagesses primordiales les reconnaissent, les honorent et les incluent dans les rituels et les cérémonies. Approcher les éléments c’est toucher le merveilleux de la Vie. Portes d’accès au sensible du monde visible et invisible, ils auront toujours une majuscule dans le texte.

A l’origine, c’est la même et unique énergie qui se manifeste, se différencie et se démultiplie sous des aspects différents. Terre dans sa densité, Eau dans sa fluidité, Feu quand elle est frottée et Air quand elle s’évapore.
Chaque élément contient tous les autres éléments. Tous œuvrent en union ou en opposition. On ne peut les séparer. L’équilibre est toujours dynamique et non statique, du plus grossier (matière) la Terre, jusqu‘au plus subtil l’Air, en passant par l’Eau et le Feu.
Nous inclurons l’élément Espace car il est à l’origine des quatre autres. Dans la pensée bouddhique l’Espace est l’élément qui rend possible tout l’univers matériel. Il en est le soutien fondamental.

LE RITUEL DE LA HUTTE DE SUDATION

La cérémonie de la hutte de sudation me donne rendez-vous avec un espace qui me ramène à l’essentiel : Être en relation avec les grandes forces qui régissent la vie.
Les amérindiens, Lakota Sioux l’ont construit sur un mythe fondateur: l’histoire d’Inyan Hoksila, le garçon de pierre. C’est un rituel sacré avant de prendre de grandes décisions pour leur communauté mais aussi avant de partir en guerre. Autrefois ce rituel était réservé aux hommes afin qu’ils puissent aussi éprouver dans leur chair la puissance de la vie, la reddition à son souffle implacable. Au même titre de l’éprouvé des femmes lors du rituel
mensuel des lunes, « Moontime » avec la perte du sang, blessure narcissique de perte et renoncement, et le vécu de la puissance d’ouverture, lors du passage du fond de ses entrailles, d’un être humain pour sa mise au monde. Dans la tradition Indienne, les femmes lors de leur période de règles, « les lunes », n’ont pas accès à ce rituel. Elles traversent déjà une étape sacrée de leur cycle en vivant un processus d’élimination et de purification intense au creux de leur Uterus-Terre. C’est une cérémonie sacrée en soi.
La hutte de sudation est un rituel de purification et de soin grâce aux pierres chauffées dans le feu sacré à l’extérieur, puis portées au centre de la hutte.

Celles-ci dégagent une douce chaleur et vapeur qui déclenchent la transpiration puis calment l’agitation du mental. La loge peut se placer au cours d’un processus de guérison mais aussi pour marquer une étape, pour en entamer une nouvelle, pour contribuer à effectuer un passage. C ‘est un rituel magnifique, très inspirant que j’aime profondément guider et surtout me laisser guider par lui. Il me relie aux ancêtres amérindiens dont la connaissance et l’art de vivre n’étaient pas coupés de la nature et du cosmos.
Il m’ouvre à une sagesse et conscience poétique du monde et m’enseigne à chaque fois toujours plus de gratitude envers la richesse de la vie et l’interdépendance entre tous les règnes. C’est un rituel confrontant, ce qui fait sa richesse, d’autant plus de nos jours où nous ne sommes plus vraiment mis en situation corporelle et mentale d’affronter les éléments dans leur cru et leur aridité, tellement poussés par la quête d’un confort stérile.
La température supérieure à 37 °c permet de brûler les maladies et d’éliminer virus et bactéries qui ne supportent pas des températures élevées.
Les glandes endocrines majeures sont stimulées par la montée en température et les impuretés sont chassées quand les capillaires se dilatent à laisser la sueur s’écouler. Le cœur par la chaleur augmente ses pulsations pour satisfaire la demande en sang. L’Eau, versée par l’officiant sur les pierres, en leur contact relâchent les ions négatifs dans l’air. Ce sont de fines particules en suspension dans l’air, chargées électriquement, qui favorisent la détente, le ressourcement et l’apaisement.
La transpiration aide l’élimination des graisses et de la fatigue chronique, physique et mentale due au stress. La chaleur améliore la circulation sanguine, augmente la production de leucocytes (globules blancs) permettant alors de dynamiser le système immunitaire. Elle relâche les muscles et soulage donc les contractures, d’autant plus si la hutte est construite avec des branches de saules dont l’écorce contient la molécule salicylique aux propriétés antalgiques et anti-inflammatoires. Même molécule dont l’aspirine est fabriquée. Initiée à ce rituel par des hommes et femmes médecine depuis plus de 20 ans, je l’intègre aussi à ma pratique de thérapeute. Il offre un espace de régression et de retour à la Source. L’abaissement des défenses permet à notre « petit moi » de se desserrer, de se guérir des blessures pour se mettre au service et coopérer à l’œuvre divine. ce magnifique rituel ouvre en douceur la conscience vers des états modifiés et nous remet en contact avec une profonde humilité puis la sensation de faire partie du Tout. Il manifeste la force de tous les éléments de l’univers, la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air. Les amérindiens considèrent que la vapeur d’eau produite par les pierres est le lien au Grand Mystère vers l’harmonie avec Wakan Tanka, le Grand Esprit. Moment propice aux
aux invocations des ancêtres et des grandes forces du mystère par les prières, les chants et le tambour. Prier le Grand Esprit, pour soi et pour les autres. Ce rituel permet aussi un nettoyage en profondeur vers une meilleure conscience de soi par la rencontre de ses mécanismes de peurs et de défenses. Il permet parfois de se guérir, de déposer de lourds 3 chagrins, de prendre des décisions clef dans notre parcours de vie. Il ouvre l’accès à notre profondeur nous fait voyager dans le temps et hors du temps. Il éclaire notre façon d’entrer en communion avec la nature et toutes les choses créées. Les participants, purifiés, la plupart du temps quittent le rituel en se sentant mieux, physiquement et mentalement. Chaque visage est lavé, rajeuni et laisse exprimer celui du bébé que chacun a été. Innocence, fraicheur et simplicité rayonnent dans les cœurs. MEEGWECH / MERCI aux peuples des nations premières amérindiennes de nous l’avoir transmis.

LE TAMBOUR

Le tambour accompagne le rituel de la hutte tout au long. Il réunit et existe par les 5 éléments.
Terre : Il est fabriqué de peau d’animal, la mailloche est en bois et peau. Il pulse le battement du cœur de la terre. Il nous relie aux premiers battement entendus dans le ventre de notre propre mère.
Eau : humecter la peau, la caresser avec de l’eau ou avec sa salive pour préparer la peau à se tendre sans se déchirer.
Feu : sa chaleur tend la peau pour ouvrir et révéler le chant personnel du tambour.
Air : fait vibrer la peau à chaque impulse de la mailloche qui traverse l’air.
Espace : Je chevauche l’Esprit du tambour pour traverser l’Espace.
Le chant du tambour, pulsation de l’Univers et de la Terre ouvre les portes aux Esprits et au Grand Esprit.
Les quatre éléments battent et pulsent en chœur le souffle du Vivant. Grand rassembleur des cœurs il les fait chanter et danser sur ses rythmes. « Le rythme est l’échelle par laquelle les forces du Grand Esprit descendent dans le cœur des hommes ». BISON BLANC

LA TERRE

Sagesse de l’élément Terre. Stabilité. Densité. Équanimité.
Nous ne pouvons considérer la terre seule sans le lien avec les autres éléments comme l’Eau, le Feu et l’Air. Elle sera tendre et moelleuse si suffisamment irriguée d’Eau, riche et fertile avec la chaleur du Feu, à l’inverse froide et dure, sèche et aride si l’Air du vent souffle trop. Dans l’équilibre des différents éléments, elle prodigue son abondance et la sécurité. De la profondeurs de ses entrailles émergent une multiplicité de plantes, arbres, fleurs qui croissent grâce à la richesse des éléments nutritifs puisées par les racines. Elle a le pouvoir de faire naître, fleurir, grandir et mûrir. Elle symbolise l’élément féminin maternel.

VOYAGE DANS LA HUTTE AVEC LA TERRE

La construction de la hutte ne peut se faire qu’avec l’élément « Terre ». Terre qui accepte d’être creusée, trouée pour donner un appui, délimiter le territoire, permettre la solidité et stabilité de la hutte. Couper des arbres, les branches des arbres, y déposer en remerciement le tabac, fleur de la terre. Branches de la Terre à assouplir avec tendresse pour permettre la construction du ventre rond de la Terre-Maman à l’image du ventre maternel, première terre d’un humain en gestation! Creuser le nombril dans la Terre pour accueillir les ancêtres pierres, Grands-pères et Grands-mères, Mushum et Kukum en algonquin. Y déposer l’offrande du tabac pour la remercier. La pierre est Terre, terre archaïque, qui détient la mémoire des premiers temps du monde.
Construire le Feu en plaçant chaque buche en appui sur la Terre, orientées dans les 4 directions : Est-Ouest / Nord-Sud. Viennent ensuite les pierres délicatement posées sur les buches honorées par une pincée de tabac sacré.
A l’entrée de la hutte, Terre qui accueille chaque enfant à genoux, front en son contact, en relation avec l’humus, avec l’humilité. Deux mots qui partagent la même racine!
Saluer toutes nos relations. « Mitakuye Oyasin » A toutes mes relations.
S’assoir sur la terre ferme, s’allonger à plat ventre sur le ventre de la terre. Accueil inconditionnel, sans jugement, ni rejet, elle accueille avec équanimité tous les règnes et toutes les nations quelques soient leur couleur.
Le voyage au cours du rituel renvoie à notre terre, notre chair, nos os, nos tendons, nos viscères, qui sont de la même nature que la terre. La confrontation est parfois vive et intense. Une surcharge pondérale ou l’inverse? Comment je me nourris? Comment je me soigne? Notre corps et la Terre ne sont pas séparés. Si je considère mon corps, « sacré » alors je considère la Terre « sacrée » et j’en prends soin. Je ne la dénature pas, ne la salis pas, ne la surcharge pas.
Au fur et à mesure du déroulement du rituel, confrontation aux raideurs, douleurs des articulations, de la colonne vertébrale, des hanches et des muscles. Résister, s’avachir, s’abandonner, flotter….Passer le bâton de parole en bois pour partager, prier, chanter et invoquer l’esprit de la Terre.

Contempler l’élément Terre dans la chair physique et psychique

Eprouver l’élément Terre dans mes tissus physiques et psychiques. Sentir, rencontrer la densité des points d’appui du bassin contre la terre. Rencontrer, sentir la densité des mes os qui gardent la mémoire à l’instar de la structure des pierres, os de la Terre. Je rends mon poids à la Terre. Je vais sentir à l’intérieur les points de suspension qui me retiennent au dessus de la rencontre avec ma chair incarnée. Les points d’agrippement, de contention ou d’opacité qui ne donne pas d’espace au passage de l’Air. Je viens y déposer ma main physique ou celle du souffle chaud (Élément Feu) avec douceur à la rencontre de ces points de fermeture, de peurs ou d’émotions enfouies. Respirer l’énergie de la Terre par mon périnée, centre racine qui me relie à la Terre. Laisser mon corps se remplir du souffle de la Terre comme une vasque se remplirait d’Eau. Dans un moment de résistance exprimé par la douleur, l’envie de sortir, de s’éjecter. La Terre aide à lâcher prise à se rendre, s’abandonner dans ses bras inconditionnels comme la mère l’a fait ou aurait pu le faire. Son corps a été ma première Terre d’accueil. Peut être une mère pas suffisamment contenante et enveloppante?
Invoquer sa mère, déposer ses prières, ses regrets, ses manques, son pardon au souffle des Grands-Mères-pierres qui soignent et se chargent de transmuer l’épreuve en apaisement et gratitude. Partager lors de son tour de bâton de paroles, déposer son chagrin aux ancêtres, à l’aimance inconditionnelle de la Terre.
La Terre devient une mère bienveillante, attentionnée, patiente qui par ses soins prodigués, réveillera, activera le sentiment de valeur, d’unité et de confiance.
L’élément Terre permet d’accueillir avec équanimité (de façon égale) les évènements de la vie. La pratique s’inscrit dans un mode de vivre dans le « et » « avec » au lieu du « ou / ou »…Ce qui est bon n’est pas meilleur que ce que je juge mauvais. Il permet aussi la régularité, la persévérance de la pratique et lui donne une assise stable.
Revenir à la sensation brute, crue que nous sommes Terre. Énergie Terre, à l’origine Souffle qui s’est densifié pour se matérialiser en élément Terre. Ne pas oublier que nous reviendrons à la Terre après la mort pour nous y dissoudre et ne faire plus qu’un avec elle ainsi qu’avec l’Espace. lors du processus de chaque étape de la mort, les textes bouddhiques enseignent la dissolution de l’élément Terre dans l’Eau, puis l’Eau dans le
Feu puis le Feu dans l’Air et l’Air dans l’Espace.

L’EAU

Sagesse de l’élément Eau. Satisfaction. Acceptation. Purification.

La vie est d’abord apparue dans l’Eau. Pas de vie sans Eau! Nos premiers mois se vivent dans l’Eau, le liquide amniotique. Nous sommes constitués d’Eau à 75%. Notre planète est une immense flaque d’Eau. Elle apporte les sels minéraux et les oligoéléments. Mère de toutes les origines, l’Eau est reliée au principe féminin. Origine du Ciel et de la Terre, lien entre le Ciel et la Terre. L’Eau est le seul élément à être présent sous différentes formes, solide (glace), liquide et gazeuse (vapeur d’eau). Fluide, elle prend toutes les formes du contenant, elle pénètre, entre et sort. L’Eau de la mer érode les rocher (la Terre) lentement mais sûrement par son va et vient répétitif et persévérant.
Elle soumet la Terre par ses colères et débordements. Le Feu ne lui résiste pas. La présence de l’Eau permet la diversité et richesse des végétaux. Elle influence surtout le développement des feuilles. L’Eau est un aussi un vecteur de la vibration du son.

VOYAGE DANS LA HUTTE AVEC L’EAU

Si la Terre se laisse creuser pour créer le nombril, c’est grâce à l’Eau qui la rend plus souple et fluide. Si les branches se laissent ployer pour façonner le ventre rond de la hutte c’est grâce à l’Eau de la sève…
A l’intérieur du rituel, Grands Pères et Grands Mères suintent, moussent, sifflent et chantent sous l’Eau de la rivière versée sur leur corps de pierre, mémoire de la Terre. L’officiant verse de l’eau sur les pierres pour créer la vapeur chaude qui s’élève dans la hutte. Parfois il asperge d’eau les participants avec la branche de cèdre pour leur donner de la fraicheur ou les tonifier.

Contempler l’élément Eau dans la chair physique et psychique.

L’Eau, sous forme de vapeur dilate les pores, ouvre le corps, dissout la cuirasse, fait pleurer, suinter ouvre l’échange entre le dedans et le dehors. Elle draine les toxines dans notre corps. Notre peau attendrie dilue les défenses de l’égo et ouvre les portes à redevenir petit enfant, nouveau-né. L’Eau nous conduit à la mémoire de nos premiers temps archaïques in utero où nous étions dans l’entre deux: entre Espace et Terre.
Toucher la vulnérabilité fondamentale pour laisser la Source œuvrer, s’élever, jaillir de l’intérieur. Parler du petit enfant, joyeux, triste. Chanter, invoquer l’Esprit de l’Eau qui parle à notre cœur, au cœur de nos voisins. La parole coule. Lâcher prise. Entrons en plein contact avec l’Esprit de l’Eau dans notre tissu psychique et physique.
Toucher l’Eau qui sort des pores, les larmes s’écouler, la salive, sentir la circulation du sang dans les artères. Sentir battre la pulsation fondamentale qui fait couler dans les vaisseaux, nos rivières internes.
L’Eau est liée aux émotions. L’océan des émotions est une vague qui roule de participant à participant entraînant la résonance chez l’autre moi même. Déposer, partager nos chagrins, faire tomber les digues qui les retiennent.

LE FEU

Sagesse de l’élément Feu. Inspiration. Intuition. Création.

Énergie du père, principe masculin. Il est la lumière qui éclaire les ténèbres.
L’univers est né de cette puissante énergie. Dans toutes les traditions du monde il est l’élément de purification. Le Feu alchimique transmute le plomb en or. Faire circuler le Feu du cœur. Ouvrir les cœurs, la chaleur des cœurs pour entrer en amitié avec le rituel, avec soi même et l’autre. Le Feu sous la force de l’Air du vent est activé, démultiplié, pénétrant et multidirectionnel. Il peut devenir insaisissable et incontrôlable. Mais que
c’est bon de se réchauffer à ses côtés! Le Feu est intense, vif jusqu’à pouvoir bruler! Il consume, nous rendra cendres(terre) à remettre à la Terre. Il provoque de la crainte et du respect.
Il est symbole de création. Le Feu contribue à la croissance des graines.

VOYAGE DANS LA HUTTE AVEC LE FEU

Le Feu Sacré
La construction du Feu se fait en appui sur la Terre. Architecture des buches dans l’Espace, avec de l’Espace pour laisser le Feu se propager grâce aux fibres de l ‘écorce de boulot entre les mushums et kukum. Le Feu est complice de l’air! Deux frères qui jouent, se taquinent, s’attisent pour bruler la Terre (le bois). Le gardien du Feu sacré allume le Feu. A chaque direction il attend que le bois(Terre) se laisse attraper, pénétrer par la flamme. Attente parfois de souffle suspendu. Le Feu va t’il prendre? Une direction commence, une autre plus lente ou qui ne s’allume pas. Voir le mouvement du Feu qui se propage d’une direction à l’autre.
Première bouffée de fumée, témoin silencieux du Feu qui prend.
Le bois s’embrase, les flammes s’élancent dans l’espace. Déesses charmeuses, mutines et fougueuses qui lèchent la Terre et le Ciel.
Le Feu offre la possibilité de bruler ce qui n’est plus nécessaire, ce qui est dépassé, les vieilles peaux d’habitudes et souffrances. Le Feu Sacré les purifie et les transmute en de nouvelles énergies à intégrer et incarner. Renaître de ses cendres.
Faire bruler nos intentions, nos prières inscrites sur un papier ou dans un petit sac de tabac dans le Feu Sacré pour soi, pour un parent, un(e) ami(e) malade. La fumée les dirige vers le ciel qui accueille les demandes et renvoie des réponses parfois bien inattendues. Feu sacré, rituel de passage, chauffe les pierres à blanc. Sifflement, chuintement de l’Eau qui fuit la chaleur pénétrant le bois.
Les tambours disposés en rond autour du Feu sacré, ni trop près ni trop loin sont au rendez vous. Sous la chaleur, la peau se resserre, se tend, s’ajuste pour sonner le son pur et unique de son âme. Comme seule la chaleur de l’Amour fait chanter le cœur.
Le gardien se frotte au vif de l’intensité du Feu sauvage. Il dompte sa peur, s’aguerrit tout en restant vigilant. Son respect du Feu se sent dans sa manière de l’approcher, de s’incliner devant la chaleur au moment de bouger ou remettre un buche ou glisser délicatement sa fourche sous un mushum ou une Kokum. Dégager du Feu la pierre, Terre épousée et nourrit par le Feu, la brosser et l’amener à la porte du ventre sacré.
Prévenir l’officiant de son approche qui prend la fourche avec soin en la saluant joyeusement! Honneur d’accueillir Grand père ou grand mère, (suivant sa forme,) par les Kwei Kwei des participants! Moments de grâce de l’amener avec la fourche du bois de cerf au centre du nombril pour ouvrir la danse du début du rituel dans les 7 directions, ou rejoindre ses frères et sœurs pierre encore tièdes ayant déjà accomplis leur œuvre de
purification et régénération en offrant leur substantifique moelle.

Contempler l’élément FEU dans la chair physique et psychique.

S’accompagner par une présence attentive jusqu’aux points de douleur fermeture.
Invoquer la présence de son père, ses grands-pères, remercier pour leurs transmissions de courage, d’engagement, d’intégrité et de rayonnement vers l’extérieur. Partager les manques, l’absence.
La chaleur de la vapeur est un soin puissant qui va déloger de vieilles blessures, les envelopper avec amour pour qu’elles s’ouvrent, se dissolvent pour laisser à nouveau le battement de l’énergie vitale pulser. Laisser la chaleur du Feu pénétrer, diffuser, lécher et dissoudre les tensions. Elle dilate les pores de la peau ouvrant le passage aux toxines vers la surface de la peau. Tabac à bruler dans le Feu sacré par la Grand-Mère pour en
invoquer le Grand Esprit, prolongement en écho des appels des participants. Elle fait le lien entre le dedans et le dehors pour accompagner et dissoudre la souffrance Me rendre au Feu, grand maître alchimique de l’intégrité, de l’innocence qui éclaire les ombres, brûle les scories et purifie. Sentir sa force pénétrante, diffusante, implacable, lui offrir mes résistances. M’aplatir au sol si ça brûle. Me dresser tel une guerrière et un guerrier à la cinquième porte, celle du cœur. Traverser les limites du petit moi et toutes ses stratégies prison. L’Espace de Présence de l’Etre surgit et se déploie. Je suis ouvert(e) à la liberté d’être, vaste, intrépide, le cœur ouvert, amoureux et reconnaissant, libre de peur et d’attachement névrotique. Je n’ai plus mal, je chante l’innocence et la spontanéité du Présent. L’intuition est reliée au Feu de même que l’enthousiasme et l’excitation. Il nous relie à la Joie, une joie différente de celle que procure l’équilibre de l’élément Eau en nous, une joie d’émerveillement, de félicité reliée à une béatitude corporelle et aux expériences d’éveil, comme des bouffées de bonheur. Sa sagesse s’exprime dans la capacité de discernement et discrimination.

L’AIR

Sagesse de l’élément Air. Transformation. Curiosité. Accomplissement Il est l’énergie essentielle de l’existence. L’Air est partout, connecte et pénètre tout. Tout le vivant le respire et nous respirons tout le Vivant: inspiration expiration. Nous ne pouvons pas rester sans respirer plus d’une minute trente à moins d’être un apnéiste professionnel, (le max 8 minutes). Nos cellules s’en nourrissent autant. Il est le Prana qui nourrit, transforme et alchimise nos états émotionnels. Le Prana soutient et dynamise l’esprit. L’Air emmène au loin les informations par les vents de chaque direction comme chaque vent apporte une qualité différente. Le vent de l’Est la fraîcheur, celui du Sud la chaleur, du Nord le froid et l’Ouest, la pluie. L’Air assèche, brûle, affole le Feu et lui fait courir de grandes distances. Engouffré dans les voiles d’un bateau, il lui donne de la vitesse. Les bannières et les drapeaux de prières gonflés par l’Air dansent dans le vent et diffusent leur message dans toutes les directions. Leurs mouvements ouvrent notre perception au subtil de l’onde vitale et nous font saisir que la vie circule en continuum ondulatoire. Nos tissus internes sont dynamiques et soumis au même ondoiement.
Sentir le souffle palpitant de l’univers frémir dans la profondeur de notre être de chair.
Percevoir la légèreté de notre corps vibratoire.

VOYAGE DANS LA HUTTE AVEC L’AIR

J’inspire le souffle des grands-pères et le laisse diffuser dans mes tissus. Souffle de soin. J’expire ma souffrance et mes émotions à leur sagesse de transmutation. Je cherche au sol l’air plus frais si la chaleur est trop forte. Raccourcir l’inspire pour ne pas faire entrer la chaleur brulante à l’intérieur de mon corps.
Je respire plus lentement mais peut aussi manquer d’air dans la hutte ou me retrouver en hyperventilation attrapé par l’angoisse, une mémoire de peur ancienne ou archaïque: celle d’étouffer. Guidé par l’officiant de la hutte, je vais agir avec mon souffle : expirer plus lentement et longuement, masser mon plexus solaire.
Poser mon attention sur le souffle, son voyage dans mes tissus, son action de dilatation et d’ouverture dans mon espace intime puis son retrait et sensation avec l’expire de reddition à la terre. Inspirer le souffle expiré par l’Univers et par l’expire, le lui rendre à inspirer en communion et échange respiratoire.
Chanter pour invoquer l’esprit de chaque élément, le chant de la terre, celui de l’Eau, du Feu et de l’Air fait circuler le souffle dans nos cellules ainsi que la communication du cœur entre chaque participant et avec tous les souffles de la vie qui nous entourent.
Ouvrir, avec le Souffle, ma relation au plus vaste.

Les herbes médicinales.

Les senteurs des herbes médicinales déposées sur le pierres ouvrent la conscience, donnent une sensation olfactive agréable, font voyager et soignent.

Quelques plantes rituelles utilisées :

Le tabac (Nicotiana)
Plante sacrée du remerciement et de la gratitude, déposée dans et sur la terre, au pied d’un arbre coupé, pour l’esprit d’un animal mort. Esprit sacré masculin en offrande de prières au Grand Esprit pour lui demander de l’aide, des faveurs et de la protection.
Le cèdre du canada (Thuya occidentalis) :
action purificatrice qui favorise les prières, le calme, la sérénité et l’équilibre.
Le foin d’odeur (Hierochloe odorata, herbe au bison) :
les indiens parfois l’appellent « cheveux de la terre mère». Esprit sacrée féminine qui attire les énergies féminines de l’harmonie et l’équilibre. Elle ouvre l’esprit des hommes à la douceur et à la rondeur féminine.
La sauge (Salvia apiana) :
plante très importante pour les amérindiens dans de nombreux rituels. Son action très puissante est purificatrice. La fumée purifie l’atmosphère, le corps énergétiques et transforme les énergies négatives en énergies positives.
Le genévrier (Juniperus scopulorum) :
Action purificatrice des lieux de sommeil et permet de se souvenir de ses rêves.

Contempler l’élément Air dans la chair physique et psychique.

L’équilibre de l’Air aide l’esprit à bouger vers d’autres directions, s’ouvrir à d’autres perspectives en transmutant les émotions. Il rend souple et agile face aux évènements. L’air est vecteur d’informations. Il permet aux différents mondes de communiquer. Il emmène vers l’action accomplissante des expériences vécues au travers de tous les autres éléments. L’Air permet l’accomplissement de nos actes et apporte la possibilité du changement et de la transformation du mouvement des émotions : l’ignorance en sagesse qui englobe tout, l’avidité du désir en générosité, l’aversion en accueil, le jugement en équanimité.
Une pratique méditative qui inclue la respiration consciente est fondamentale pour dynamiser notre capacité de transformation et d’accomplissement. Respirer dans les mouvement et postures. Ouvrir la présence aux canaux énergétiques le long et de chaque côté de la colonne vertébrale. S’autoriser à Chanter ouvre le cœur, active les qualités du cerveau droit. Dans toutes les traditions spirituelles, la voix est la passerelle entre le visible et l’invisible pour invoquer et se relier aux grandes forces de la vie. Depuis la nuit des temps, le chant, porté par les femmes, à la croisée de la prière et de la complainte, a toujours célébré les grands passages de la vie, accompagné la souffrance humaine et contribué à la transfigurer.

L’ESPACE

Sagesse de l’élément Espace. Vastitude. Vacuité. Silence.

Le Cinquième élément est à la fois tous les autres comme chacun est Espace. L’espace, Source d’où TOUT nait et où TOUT disparaît..
Un champ de vaste potentialité. Les 4 éléments viennent de l’Espace et se dissolvent dans l’Espace à notre mort.
Cet élément sacré se manifeste en nous sous forme de conscience. L’Espace est notre vraie nature, l’essence de notre être. La sagesse de la vacuité est liée à l’Espace. Elle englobe tout.

VOYAGE DANS LA HUTTE AVEC L’ESPACE

Cultiver la beauté de l’Espace sacré en l’aménageant avec soin dans une gestuelle précise et attentionnée. Décorer le monticule des 13 lunes, y déposer des objets sacrés de reliance aux ancêtres et à la mémoire de nos expériences de vie. Délimiter l’Espace du Feu sacré et du chemin du cordon ombilical avec des pierres bien alignées. Créer un Espace beau, harmonieux et ordonné selon les grandes lois de l’architecture du vivant. Créer l’Espace interne de la hutte avec ses limites contenantes, stables et sécurisantes. L’exiguïté de la hutte et de la place à l’intérieur, paradoxalement, grâce à l’acceptation et l’arrêt de la lutte, permettent un saut quantique dans l’Espace. Plongés dans le noir, nos limites corporelles s’estompent et notre égo se dissout. Nous perdons une forme de sensation d’existence par la vue pour entrer dans un autre mode d’être et de captation par la Vision. Dans le voyage intérieur de la hutte, la rencontre avec l’Espace se produit souvent au passage de la porte du Nord (la quatrième) celle des Ancêtres, celle du silence, ou à la cinquième porte, celle des guerriers du cœur, vécue en fonction du
déroulement du rituel et de l’ouverture du cœur de chacun.

Contempler l’Espace dans la chair physique et psychique.

Les premières portes permettent de se rendre, d’abandonner les défenses, se détendre, dégager les toxines, se délester des émotions encombrantes. Puis à un moment, la chaleur ne m’agresse plus, je me suis rendu(e). Assouplir la rigidité du « moi contrôle » ouvre à l’Espace. Dilatation de l’Espace intérieur, paix profonde, calme des tissus et du mental, frontières dissoutes, conscience élargie: je suis la nature, la nature est à l’intérieur, à l’extérieur…Je suis la vie qui palpite, j’entends l’Esprit qui souffle…Plus de séparation entre mon cœur et celui de mes frères et sœurs.
J’ondule au gré du vivant, du rossignol qui chante, du clapotis de la rivière, du chant du Feu et des ancêtres. La peur a lâché sa prise, mon cœur palpite d’amour pour toute la Vie. Je suis libre, je découvre l’Espace vaste et infini de mon esprit semblable à l’Esprit qui souffle en chaque élément. Je suis aussi vaste que le cosmos l’est!
Gratitude.

Le voyage dans le rituel de la hutte de sudation est une aventure à la rencontre de notre intimité, de notre vérité. Il nous convoque à nous dessaisir de notre personnage, aller au delà de notre confort pour nous rendre à l’Essentiel. Il met en vacance notre jeu social pour écouter notre nature profonde qui ne triche plus, ne se défend plus mais se laisse pétrir par la Source. Forces tant crues que poétiques pour un voyage intemporel.
La rencontre et l’écoute des cinq éléments dans notre constitution physique et psychique nous fait profondément sentir que nous ne sommes pas séparés des autres règnes. Animaux, minéraux et végétaux. Ce rituel offre aussi un enseignement majeur en partageant avec tous les autres participants la dissolution de l’égo pour la dilatation des cœurs. Toucher notre humilité profonde par le partage des chants de nos peines comme de nos joies! Nous ne sommes pas seuls et avons profondément besoin des uns et des autres dans cette interdépendance de nos existences par l’interrelation des éléments entre nous.
En tant que guide de cette méditation profonde et active je me rends au Service du Grand Mystère, à l’écoute de ses mouvements imperceptibles, délicats comme parfois tonitruants et implacables. J’accompagne chacun dans son voyage avec une douce et tranquille exigence qui peut l’amener à lâcher des peaux de souffrance pour s’ouvrir à la joie de vivre en appui sur ses ressources redevenues à portée de main.
Ce rituel invite à « perdre le nord » pour se retrouver comme au premier jour de sa vie dans un Espace de tous les possibles! « Mon histoire commence maintenant ».

Marie-Dominique Linder

Formation CesHum : Pratiques Chamaniques et Psychothérapie
www.mariedominiquelinder.com

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