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Pourquoi j’aime la conscience

Olivier Chambon

in Synodies 16 – La Conscience Dans Tous Ses Etats

 

Nous sommes tel un poisson dans l’eau de la
conscience, nous pouvons vivre toute notre vie
dedans sans la voir, et oublier que c’est elle qui
nous relie, nous porte, nous nourrit. Elle est
présente partout, infuse tout, et relie tout,
elle est à la fois immanente et transcendante.

La conscience est devenue un sujet d’étude incontournable au centre des questionnements de l’astrophysique, de la physique quantique, comme de la psychologie moderne. Elle est indispensable pour expliquer tant le fonctionnement de l’Univers que celui de la psyché.

  La conscience n’est pas un objet que l’on peut définir en quelques phrases, c’est un être vivant, intelligent, et aimant.
C’est une position « déiste » que j’assume, où la Conscience est « réifiée » et possède une « agentivité ». C’est la position que prennent naturellement ceux et celles qui ont rencontré l’« être de Lumière » dans les expériences de mort imminente, où l’on parle en fait d’une conscience lumineuse et aimante. C’est aussi la position de toutes les personnes ayant fait une expérience mystique de fusion avec l’Un : conscience, lumière, et amour apparaissant alors comme étant les trois facettes d’un même « existant ».

  On ne peut demander « C’est quoi ça?», en attendant une réponse simple, quand on parle d’un être complexe… On peut par contre en présenter toutes les facettes, toutes les façons qu’a cet être d’exprimer la beauté de son essence.
On peut dire de la conscience ce que Saint Augustin disait du temps, dans ses Confessions : « Qu’est-ce donc que le temps ? Que personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus ». William James reprenait d’ailleurs cette expression, en l’adaptant à la conscience : « La conscience on sait ce que c’est tant que l’on ne nous demande pas de la définir ». La conscience pure est difficile à décrire : quand on en fait l’expérience (états mystiques, états de conscience unitive), elle devient relativement indicible. On peut approcher sa description par des métaphores, telles que l’océan et la vague, ou le ciel bleu et les nuages (le ciel bleu ou l’océan représentent la conscience illimitée, la vague ou le nuage représentent une des nombreuses formes éphémères qu’elle peut prendre). On peut en décrire des facettes, des expressions, des manifestations (sat-chit-ananda), sans pour autant décrire l’essence même de ce diamant. On pourrait dire que la conscience est une sorte de substance non matérielle super lumineuse.

  J’aime la beauté de ses manifestations, ses incroyables qualités.
Selon les aspects d’elle-même qu’elle a déployés (comme la lumière blanche et les différentes couleurs) la conscience peut être, tour à tour, paix, amour, joie, intelligence, vie, unité, présence, lumière, qi, prana, créativité, intention et libre arbitre.

  C’est notre mère.
C’est la mère d’où tout s’origine. Elle est sans commencement ni fin, présente avant, pendant, et après ce qui se manifeste sous forme de matière. Elle est à l’origine de notre univers visible. Selon les Bogdanov, l’Univers provient d’une source transcendante, organisatrice, et pré-matérielle, dont l’action se situe juste avant le moment (10–47 secondes) du Big Bang. Cette source semble être une conscience originelle qui a créé les constantes extrêmement précises qui ont guidé la création et l’évolution de l’Univers. De cette source universelle ont émergé des champs vibratoires différents, qui se sont ensuite matérialisés sous forme d’entités spécifiques.

  C’est notre mer.
Nous sommes tel un poisson dans l’eau de la conscience, nous pouvons vivre toute notre vie dedans sans la voir, et oublier que c’est elle qui nous relie, nous porte, nous nourrit. Elle est présente partout, infuse tout, et relie tout, elle est à la fois immanente et transcendante. On est dans le modèle du Panenthéisme (« tout est en Dieu ») de Karl Krause : le divin interpénètre toutes les parties de la nature mais en même temps il se déploie au-delà d’elle (Brahman, néo-platonicisme) ; il est différent du panthéisme où le divin tient tout entier dans l’univers, sans lui être extérieur ni supérieur. On parle aussi de « panpsychisme » car la physique quantique montre que la notion de « conscience » est indispensable pour comprendre ce qui se passe au sein même de la réalité matérielle ; plus précisément elle souligne le fait que la présence d’une conscience (plus exactement d’une protoconscience) au sein même des particules subatomiques composant la matière (« holomatière » selon Ransford) est la seule hypothèse simple et plausible (principe du rasoir d’Ockham) qui permette d’expliquer toutes les particularités, bizarreries, paradoxes, constatés dans le comportement des particules quantiques (dualité onde-particule, enchevêtrement, effet de la mesure sur le mesuré, oscillation quantique, etc..).

  Elle est immanente sous forme d’un plan intelligent, évolutif et créatif à l’œuvre dans ce qui fait la beauté, la complexité, l’ordre, l’intelligence et l’harmonie présents dans notre univers.
C’est ce plan que le scientifique Gary Schwartz appelle « G.O.D. », soit principe qui guide (Guiding), organise (Organizing) et conçoit (Designing) l’Univers. C’est aussi ce que le courant scientifique du « plan intelligent » (Intelligent Design) cherche à mettre en évidence partout dans la nature.

  Elle est partout la même : « la conscience à l’origine de l’Univers a fait la conscience de tous les êtres à son image ».
C’ est le même « substrat – conscience » qui compose tout l’Univers ; c’est le même « ascenseur de la conscience » qui relie tous les étages de l’univers, de l’alpha (particule sub-atomique) à l’oméga (galaxies). La conscience dans la matière contient toutes les qualités de la grande conscience universelle, même si c’est à l’état plus rudimentaire : autoréflexivité, décisions, etc. seuls ses contenus, et les identifications à ses contenus, lui donnent une coloration différente ; si elle se fixe (grâce à la focalisation de l’attention par l’intention), ou si elle est attirée passivement (par la sollicitation d’une partie du monde interne ou externe) sur l’ego ou sur l’âme ou sur l’Esprit, elle ne vivra pas les mêmes expériences et elle ne montrera pas les mêmes capacités. Un chien ne fait pas des chats, et, si nous sommes conscients, c’est que l’Univers qui nous a engendrés est conscient. Il nous a même créés avec la finalité de nous rendre conscients pour que l’on puisse jouer et co-créer avec lui (principe anthropique).

  C’est une intelligence autoréflexive.
Elle est autoréflexive car à travers elle on se perçoit en train de percevoir, elle est perception des perceptions, l’attention porte sur elle-même, la conscience vient à la conscience. Elle est comme la bougie qui illumine une pièce et s’illumine en même temps elle-même ; elle cherche forcément à devenir « conscience de conscience », il s’agit juste qu’elle choisisse sur quel aspect d’elle-même elle veut se retourner et porter son attention ; elle est comme l’océan qui s’enroule sur lui-même sous forme de vague, et se fait ainsi face. Le mouvement de la conscience crée les formes dont elle prend conscience au fur et à mesure qu’elle les crée, comme le mouvement de l’océan crée les vagues. C’est le jeu de la création et de l’expérimentation, qui enrichit l’océan de la conscience de toutes les expériences acquises en retour.
La conscience peut exister à l’état primordial, comme un ensemble de potentialités, sans même avoir conscience d’elle-même, ou d’exister. Pure, elle n’est pas consciente d’elle-même, mais en contact avec les formes qu’elle a elle-même créées, elle devient conscience de quelque chose, comme par exemple au contact d’un corps humain elle devient consciente de perceptions de l’intérieur du corps et de l’extérieur de celui-ci, de la réalité de notre monde matériel ; elle devient « conscience humaine ».

Pure, la Conscience n’est pas consciente d’elle-même, mais en contact avec les formes qu’elle a elle-même créées, elle devient conscience de quelque chose.

 

Elle peut alors se définir comme une connaissance intuitive que chacun a de son existence et de celles du monde extérieur. Elle se différencie du psychisme humain qui n’en est que l’un des contenus ; la structure psychologique, ou l’ego, peuvent être considérés comme un dépôt, un résidu, une fixation, issus de l’interaction de la conscience avec le corps et l’environnement social humain. Les différents corps (physique et subtils) permettent ensemble à la conscience cosmique originelle de faire des expériences dans la matière, en tant que conscience individuelle, de se regarder à travers un « autre », qu’elle a probablement elle-même créé par jeu, pour pouvoir encore mieux se rencontrer. Cette conception est très proche de celle de Nisargadatta Maharaj, reconnu en Inde comme l’un des plus grands maîtres spirituels du XXe siècle. Selon lui : « La conscience pure est un flux continu, qui constamment projette et dissoustdes formes innombrables. Chaque fois qu’une forme est créée et imprégnée de vie (prana), la conscience (chétanâ) apparaît, simultanément et automatiquement, par suite de la réflexion de la Conscience absolue dans la matière. Notre conscience est une réflexion de l’Absolu contre la surface de la matière, engendrant ainsi le sentiment de dualité. La Conscience pure, état absolu, est sans commencement et sans fin et n’a besoin d’aucun autre support qu’elle-même. La Conscience ne devient perception consciente que lorsqu’elle a un objet (psychique ou physique) contre lequel se réfléchir ». « La conscience ne peut être consciente d’elle-même que tant qu’elle se manifeste dans une forme manifestée, dans un corps (…) Sans forme, sans corps, dans son état d’Absolu, la conscience n’est pas consciente d’elle-même. Sans conscience, le corps n’est qu’un matériau inerte. Le corps, par conséquent, est la nourriture qui entretient la conscience et l’instrument par lequel elle fonctionne ».

  Elle est joueuse et curieuse (« lila », elle crée des partenaires de jeu).
Sans forme et sans « autre », elle devient vide et silencieuse, consciente de « rien », l’ennui la guette… La matière (l’âme à tiers) est alors un miroir dans lequel la conscience se réfléchit, étant confrontée à une limite qu’elle a elle-même créée par « injection d’exo causalité » (Ransford) c’est-à-dire par création d’une causalité déterministe fixée, sorte de règles du jeu qu’elle impose à ses créations. Elle qui est illimitée (dans le temps, dans l’espace, dans la créativité), elle perçoit cette limite comme « autre », elle devient duelle, et peut dialoguer et « réfléchir », jouer, avec cette matière ou ces champs. La conscience primordiale a ainsi créé ses propres autolimitations par injection d’exo-causalité, comme un créateur qui fixerait momentanément sa pensée toujours évolutive, en l’écrivant pour pouvoir la relire (dieu s’ennuie et s’écrit des histoires…) ; ces autolimitations s’expriment dans des champs et dans la matière (énergie = mouvements de la conscience, matière = fixations de la conscience). La conscience crée des formes (champs, matière) qui lui permettent de se refléter elle-même, de jouer avec elle-même, de se percevoir elle-même ; ces formes contiennent en elles-mêmes des bouts de la conscience originelle, ce qui leur permet de dialoguer et d’interagir avec celle-ci (règle le problème du dualisme cartésien). Nous sommes une sorte de miroir que la conscience s’est tendu à elle-même pour mieux se goûter et se connaître.

  Elle est si forte !
Elle a de nombreuses capacités non-locales.
Elle est indépendante du temps et de l’espace et peut donc voir en arrière (rétrocognition) ou en avant (précognition) dans le temps, à distance dans l’espace, et se relier aux autres consciences (télépathie) ou agir sur la conscience présente dans la matière (psychokinèse). Mario Beauregard rappelle que des études ont largement démontré l’existence des capacités parapsychologiques de la conscience. Concernant (1) la télépathie par exemple, il y a eu des méta-analyses sur 2550 études, qui montrent que l’effet est prouvé avec une probabilité que ce soit lié au hasard de un sur un million de milliards ; (2) pour la micro-psychokinèse (générateurs aléatoires de « pile ou face »), l’analyse porte sur 800 études et la probabilité est de un sur un trillion (10 puissance 18) ; (3) pour la biopsychokinèse (action de la conscience sur des organismes vivants ; végétaux, animaux, hommes), l’analyse a porté sur trente-sept études et la probabilité est de un sur cent milliards.

  Elle enrichit tout ce qu’elle touche, y apportant ordre et information, sans dépense d’énergie.
La conscience est néguentropique, c’est-à-dire que le désordre y diminue constamment et que l’ordre et l’information y croissent constamment.
Un système fermé s’asphyxie et perd de l’information : la conscience, par son appel à tous les champs auxquels elle est connectée, permet de redonner de l’ordre à ce système, évitant sa dégradation et favorisant son évolution.

  Elle unifie et intègre, dans un double mouvement, « ascendant » et « descendant », les différentes consciences du corps.
La conscience dans la matière, d’où vient-elle ? Ces gouttelettes de protoconscience présentes dans l’holomatière ont été déposées par la « pluie » de la grande conscience lors de la formation de la matière. Et d’ailleurs heureusement que la conscience a mis un bout d’elle-même dans la matière pour pouvoir continuer à dialoguer et jouer avec celle-ci, en faire une glaise malléable… La conscience ascendante, provient dès lors de la liaison de toutes les gouttelettes de proto-conscience présentes dans les particules subatomiques formant la matière du corps. Elle fournit un support d’information vivant et intelligent, que la conscience descendante (conscience individuelle ou âme, champ différencié provenant de la grande conscience originelle) peut coordonner et guider par une intention. La conscience descendante permet de résoudre le problème de « liaison » (binding) des multiples consciences ascendantes émergeant du corps (consciences cellulaires, tissulaires, d’organes, de l’organisme dans son entier). En réalité, nous sommes dans un univers d’événements simultanés, un anneau de Moebius courant indéfiniment de l’esprit au corps et du corps à l’esprit ; c’est un croisement et un enrichissement mutuels qui s’opèrent entre la conscience ascendante et la conscience descendante.
L’existence de ces deux formes de conscience, c’est très bien pour expliquer : (1) l’intelligence du corps (par la conscience ascendante) ; (2) l’interaction âme-corps (par l’ascenseur de la conscience, créant l’interface entre la conscience venant du corps et la conscience individuelle (l’âme)) ; (3) que l’âme (conscience descendante) peut exister sans corps physique. Elle est indépendante du cerveau mais se sert du cerveau pour interagir avec la réalité physique.

  Elle augmente notre « vivance » et notre « reliance ».
La conscience qui nous traverse, surtout quand on s’y connecte et qu’on s’éveille de plus en plus à sa présence en nous, amène deux ressources de mieux-être et de guérison (Ransford, 2016) qui sont : (1) la « vivance », qui est créativité, souveraineté et liberté, et (2) la reliance, qui est notre « aura psychique » invisible et non locale, nous reliant potentiellement à tout ce qui est.

Quand la conscience individuelle contacte l’intelligence du corps sans être piégée dans l’ego ou par les cuirasses et mémoires négatives du corps alors elle contacte un espace de ressources et de possibilités non pathologiques.

  Elle est « guérisseuse », changeant les choses qu’elle observe, déclenchant une capacité de changement en elles.
On peut apprendre à recevoir la conscience descendante à plus haut débit (prière, recouvrement d’âme, etc..) pour profiter de ses propriétés curatives et de son intelligence, et y puiser les informations nécessaires pour rétablir la cohérence dans un corps-esprit, notamment en cas de maladie ; on peut aussi réveiller l’intelligence et la conscience du corps pour activer le « guérisseur intérieur », les mécanismes d’autoréparation et la pharmacie intérieure du corps (TIPI, focusing, etc…).
Les ressources thérapeutiques ne sont pas intérieures à l’ego, mais sont présentes dans la conscience, ou plutôt dans les capacités et qualités de la conscience : intelligence, autonomie, autoréflexivité, capacité décisionnelle, créativité, reliance, tendance à aller vers l’unité… Pour une Thérapie Par la Conscience (TPC) le principe essentiel est de maintenir simultanément « un pied dans le problème et un pied dans la conscience ». En règle générale, quand l’attention se relie en même temps au problème (souffrance, répétition) et à l’intelligence de la conscience, il y a une transformation possible. Les thérapies efficaces qui émergent actuellement (hypnose humaniste, EMDR, EFT, cohérence cardiaque, TIPI, Focusing, Mindfullness, etc…) exploitent ce principe. La conscience est au problème ce que le soleil est à la glace : elle le fait fondre spontanément. Donc, en suivant ce principe, on pose sa conscience à l’endroit de la souffrance en même temps qu’elle s’élargit (EMDR, hypnose humaniste), ou bien on la pose à cet endroit en même temps que l’énergie circule plus fort et librement (par exemple en EFT, l’énergie étant une forme d’incarnation de la conscience), ou que l’intelligence de cœur augmente (Cohérence Cardiaque). Quand la conscience individuelle contacte l’intelligence du corps sans être piégée dans l’ego ou par les cuirasses et mémoires négatives du corps alors elle contacte un espace de ressources et de possibilités non pathologiques, comme par exemple dans le tipi, le focusing, la méditation (où l’on pose sa conscience sur le problème en même temps qu’on la pose sur l’intelligence du corps).

  Il est donc temps de réunir des chercheurs des différents courants (des physicalistes aux spiritualistes) pour créer une nouvelle branche de la Science: « la Science de la Conscience ».
Car, de même que Science sans Conscience n’est que ruine de l’âme, la Conscience sans la Science c’est….. Conscience.

Olivier Chambon, Psychiatre, psychothérapeute spécialiste de la thérapie transpersonnelle, Olivier Chambon a fait des ponts entre les thérapies connues, le chamanisme, la physique quantique, et la médecine de l’âme. Auteur de nombreux ouvrages sur les potentialités thérapeutiques de la conscience, et sur la force de l’amour et de l’invisible dans le processus de soin : Les bases de la psychothérapie, Expériences extraordinaires autour de la mort, et Psychothérapie et chamanisme. Il propose également des stages de chamanisme avancé et des formations spécifiques pour les psychothérapeutes

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